PSYNASPES est devenu CCG le 1er janvier 2008. www.controlchaingroup.com

 

Traduction issue de la dernière lettre d'information ARC, souscription sur http://www.ARCweb.com 

SAP découvre le plancher de l'usine!

SAP se place délibérément en supporter de l'interopérabilité Plant-To-Business (note: le terme ARC pour désigner le B2M) basé sur des normes ouvertes. Nombre de nos lecteurs se demandent ce qu'il y a derrière cela, et dans quelle mesure cela correspond bien à la réalité. ARC est donc allé directement à la source. Stefan Schaffer est Senior Vice President, Application Solution Management, Business Solution Group (BSG), Manufacturing Industries, SAP AG. Dans ce rôle, Stefan supervise l'initialisation, la définition produit et la présentation des solutions dans les domaines de la fabrication, de la gestion des données de base, de la gestion du cycle de vie produit et de la gestion de la chaîne logistique.


ARC: Pourquoi SAP a décidé de s'impliquer fortement dans l'interopérabilité Plant-to-Business en ce moment? Que disent vos clients?

Schaffer: En fait, nos clients demandaient que nous le fassions. Nous entendons de plus en plus parler d'intégration avec le plancher de l'usine. Je ne peux pas vous dire exactement pourquoi, mais comparé à la situation d’il y à 18 mois ou 1 an, nombre de nos clients se mettent à en parler de même qu'à l'exiger dans leurs appels d’offre. Comme nous avions planifié la livraison 2005 de notre Manufacturing Dashboard, nous avons discuté avec plus de 40 directeurs d'usines et plus de 100 chefs de production. Nous l'avons fait de manière ouverte, et leur avons demandé "Que faites vous pendant la journée pour assurer votre rôle?" et " Qu'est-ce qui devrait être rendu plus productif". Nous avons découvert qu'ils avaient besoin d'un ensemble d'information consolidé à partir d'une variété de sources et d'applications, et d'avoir conscience de ce qui se passe dans le monde réel.
Le portail nous donne la capacité de combiner l'information d'un point de vue technique, mais nous reconnaissions que si nous voulions apporter à nos clients ce dont ils avaient besoin, des lacunes devaient être comblées. Le second événement clé fut INTERKAMA Forum 2004 à Hanovre. SAP participait à un panel de discussion avec 5 autres éditeurs Invensys/Wonderware, Rockwell Automation, PEC Info, DSM, et AspenTech.

Le modérateur nous posa la question directement: "Quelle est votre position sur ISA95?" Les réponses vinrent de gauche à droite des membres du panel. Tous ou presque dirent qu'ils considéraient la norme positivement, mais qu'ils adoptaient une attitude d'attente et d'observation. Ce fut une révélation clé pour nous, car nous venions de réaliser qu'ils nous attendaient!

Nous avons la chance d'être dans la position de la société leader de l'ERP et de la gestion de la chaîne logistique dans le secteur manufacturier. Ce rôle nous confère une certaine responsabilité. Notre philosophie est que nous voulons établir des relations à long terme avec le client. En ayant cela à l'esprit, il nous apparut de plus en plus clairement que nous pouvions libérer quelque chose ici pour l'industrie, sans compromettre notre position. Nous pensions que nous pouvions faire quelque chose de très bien pour nos clients d'une part, et que nous allions en bénéficier en démontrant la puissance de SAP NetWeather en tant qu'outil de choix pour le réaliser.
Il y a une forte demande refoulée pour traiter le problème de l'interopérabilité, et nombre de parties sont en cause pour y parvenir. Nous avons la chance d'être dans la position de pouvoir libérer ces forces. En fait, les activités de réflexion dans lesquelles ARC a été partie prenante ont prouvé que cela semble marcher.

ARC: Quelle importance représente pour SAP l'utilisation de normes existantes?

Schaffer: Ce que nous avons appris est qu'il existe des normes qui satisfont effectivement les besoins des clients. Et ces normes semblent pouvoir être mises en oeuvre de façon réaliste, de telle sorte qu'il n'y aurait pas grand avantage pour nous à créer des normes compétitives. C'est une bien meilleure stratégie pour tous les participants d'utiliser ces normes très bien pensées plutôt que d'en créer de nouvelles. J'ai aussi appris qu'il a fallut des années pour élaborer ces normes. Je pense qu'il est bien préférable d'essayer de les mettre en valeur que d'en créer de nouvelles. Il y a des clients qui ont déjà commencé à les mettre en oeuvre, et je ne pense pas qu'essayer de créer des normes compétitives apporterait beaucoup de valeur.

ARC: Jusqu'à quel point souhaitez vous être ouvert sur ce point?

Schaffer: Si vous regardez la base de clients dans les industries du process, il y a des clients qui ont un degré d’engagement extrêmement élevé avec SAP, qui ont impliqué SAP d’un mur à l’autre, fabrication incluse, et la plupart ont un grand nombre de systèmes sur le plancher de l'usine. Ainsi, nous avons affaire à des douzaines de systèmes différents, voire davantage chez un seul client. La seule façon de gérer efficacement tout cela est de s'en remettre aux normes ouvertes autant que possible.


ARC: Qu'en est-il des autres éditeurs ERP ?

Schaffer: Notre intention a été de lancer cela, de créer un élan pour une véritable interopérabilité. Nous avons choisi de travailler avec les clients et les partenaires ISV de façon à avancer rapidement sur le sujet, mais cela n'implique pas d'exclure les autres. Dans la mesure où nous ne cherchons pas à définir de normes, mais seulement d'adopter des normes existantes, il n'y a pas de raison pour les autres de ne pas agir de la même façon. Je pense que si d'autres éditeurs ERP considèrent comme nous que l'interopérabilité est un moyen de réduire le coût total de possession, ils vont suivre. Nous observons à certains signes qu'ils sont d’y arriver.

ARC: Comment l'interopérabilité s'inscrit dans le thème plus général de la fabrication collaborative ou adaptative.

Schaffer: Les concepts de la chaîne logistique ont été établis depuis suffisamment longtemps pour faire une vraie différence, et de plus en plus de sociétés progressent en faisant sortir les stocks du système. Les niveaux de stocks nécessaires pour couvrir les incertitudes de la chaîne logistique décroissent continuellement, conduisant à la nécessité de réagir rapidement. Le besoin d'être "adaptatif" s'accroît tout le long de la chaîne logistique. Nous ne devons pas oublier qu'il existe d'autres zones à traiter, comme le plancher de l'usine, pour rendre notre activité plus agile. En pratique, conduire une entreprise adaptative nécessite une pleine conscience du monde réel – à partir d’une information pertinente - ainsi que des processus de gestion qui créent des passerelles par dessus les lacunes traditionnelles des applications. C'est dans cet espace que nous voyons l'interopérabilité plant-to-business jouer un rôle clé - et parce que tous les capteurs sont là, il ne reste plus qu'à utiliser les données.

Il semble qu'il y ait un mur – et même 2 murs - entre l'usine et le reste de l'entreprise. L’un des mur est la visibilité de la chaîne logistique pour le personnel de l'usine. C'est toujours un défi pour ce personnel d'obtenir une visibilité pertinente pour lui à l'intérieur de la chaîne logistique et de la chaîne de demande, l'information dont il a besoin. Je parlais avec un directeur d'usine d'une grande société chique qui est bien équipée avec un logiciel de gestion de chaîne logistique, une usine très moderne avec beaucoup de logiciels, et le directeur d'usine me disait: "50% de la demande qui me parvient est complètement invisible jusqu'à ce qu’elle se manifeste ici". Etant donné les temps et les coûts de réglage, c'est décidément un mur qui doit tomber.

Le second mur que nous avons trouvé est le mur qui retient l'information sur le plancher de l'usine. Etant donné le manque d'intégration et de visibilité, la réaction aux événements imprévus est traitée manuellement par emails et appels téléphoniques, et beaucoup d'information est perdue. Encore plus important, on perd beaucoup de temps. Si nous pouvons lier ce qui se passe sur le plancher de l'usine avec le côté gestion, dans les 2 sens, - si nous pouvons mettre les évènements dans le contexte de la gestion, alors la prise de décision est beaucoup plus rapide et on peut être capable de satisfaire la demande du client même s'il y a un problème que nous avons été capables d'identifier suffisamment tôt.

Un autre domaine de faiblesse que nous pouvons observer ici est l'inaptitude à améliorer structurellement les processus de fabrication eux-mêmes parce qu'il est incroyablement difficile de faire correspondre ce qui se passe sur le plancher de l'usine en détail avec disons le système de gestion ou les systèmes financiers. C'est encore plus difficile entre usines. Nous avons besoin de fournir aux clients la capacité non seulement d'obtenir des flux d'activité corrects, mais aussi d'assembler les données utiles aux améliorations structurelles.


ARC: Une des forces de NetWaether est qu'il constitue un plateforme d'intégration. D'un point de vue client, quel rôle NetWeather joue dans l'accomplissement de l'interopérabilité?

Schaffer: Regardons ISA95. Les adaptateurs vont être développés dans XI. XI fait partie de NetWeather. Il y aura certaines règles - quand les messages doivent être envoyés, quand un message doit être retenu, quelle est la séquence et le groupement de messages... Toutes les règles existent dans NetWeather. Ainsi, quand vous faite l'acquisition de NetWeather, vous obtenez les adaptateurs et les règles des messages. C'est un élément central qui vous permet d'accomplir l'interopérabilité. Vous n'avez pas besoin d'aller à l'extérieur pour acheter l'adaptateur de quelqu'un d'autre, il est fournit avec NetWeather.


ARC: SAP's BSG Manufacturing a des solutions qui parfois s'étendent profondément jusqu'au plancher de l'usine. Pouvez-vous nous parler du rôle de l'interopérabilité dans le contexte stratégique de BSG Manufacturing ?

Schaffer: L'industrie est arrivée dans la situation du manque d'intégration en partie parce que les parties impliquées se sont entendues tacitement pour distribuer ou pour diviser le monde en groupes disjoints de vendeurs - celui-ci est un vendeur d'automation, celui-là est un vendeur MES, cet autre est un vendeur ERP. Je pense que regarder les choses selon cet ancien modèle a bloqué nombre de choses, en raison de la question de la ligne de démarcation entre le MES et l'ERP. La réponse est qu'il n'y a pas une seule ligne. Nous avons beaucoup de clients qui utilisent les fonctionnalités SAP pour relier directement les systèmes bas niveau du plancher de l'usine. Nous avons des clients qui l'utilisent ainsi, des clients qui sont satisfaits. Nous avons aussi des clients qui l'utilisent ainsi, et qui en même temps, dans une autre usine, pour un autre domaine d’exploitation, utilisent nos systèmes en conjonction avec des systèmes MES.

Nous entrons en concurrence sur le marché là où nous sentons que notre fonctionnalité est compétitive vis-à-vis des autres solutions. Mais nous reconnaissons que les clients ont, pour de bonnes raisons, installés d'autres solutions, et continueront à le faire. De façon à apparaître comme un fournisseur de plate-forme, nous voulons être capables de nous intégrer avec ces systèmes.


ARC: Vous avez parlé essentiellement au sujet des activités de normalisation dans l'industrie du Process. Est-ce qu'SAP s'intéresse à l'interopérabilité étendue aux industries discrètes également?

Schaffer: Absolument. Nous allons lancer une série d'activités et d'atelier d'interopérabilité dans le Discret au cours des prochains mois. Nous avons commencé avec les industries du Process seulement parce que nous avions besoin de rendre les choses plus faciles à gérer et parce que nous reconnaissons qu'il y a des différences substantielles qui doivent être prises en compte. A la fin, nous espérons que nous pourrons atteindre un maximum de points comuns entre les 2, ce qui serait tout à fait logique.


ARC: Pour autant que nous ayons pu l'observer, il y a clairement un intérêt appuyé et une réponse positive du marché ppur les activités d'interopérabilité. Merci pour nous avoir accordé votre temps à répondre à nos questions pour notre audience


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